Il est 6h à San Nicola l’Arena. Un rayon de soleil passe à travers le hublot et me réveille. Je regarde rapidement le thermomètre : il fait déjà 28°. Je profite des derniers instants avant la chaleur pour prolonger un peu la nuit…
Il est 9h à au mouillage devant Cefallu. Le bateau est immobile. Il n’y pas de vent, la mer est un lac, turquoise. L’eau est totalement transparente et les bateaux semblent flotter dans l’espace. Il fait chaud mais je retourne au lit ; la grasse matinée commence…
Il est midi, en mer. Une gorgée de bière fraîche, une cigarette, un peu de crème solaire. Le pilote automatique gère le cap. Le moteur ronronne, c’est la pétole totale. Je sens le soleil qui cogne. Il n’y a rien à faire, à part rester à l’ombre.
Il est 16h au large du cap Zeffalo. Il est l’heure de faire le point. La brise de mer s’est levée, et Belacarta avance tranquillement, vent de travers. Quelques biscuits au chocolat, un verre de coca frais. L’arrivée est prévue dans 2 heures. Une petite cigarette pour fêter cet événement. Aux jumelles j’aperçois les mats dans le port. Y aura t-il de l’eau et de l’électricité sur le ponton ce soir ?
Il est 18h au pied du château Florio. Au bout du ponton, la pizzeria se prépare. Le four à bois commence à fumer. Je peux aller prendre ma douche, je sais qu’en sortant, le ponton sera dans l’ombre du château, et l’air sera plus frais. La vie reprend après des heures de cagnards. Les volets s’ouvrent à nouveau, les scooters sortent dans les rues, les shorts et les t-shirts se transforment petit à petit en belles chemises et en pantalon, pour être élégant ; une belle soirée d’été commence.
Il est 20h, au mouillage devant Cefalu. Le vent est chaud, c’est une caresse. Il amène jusqu’ici les odeurs de pizzeria et de trattoria. J’ai plongé pour débloquer le speedo sous le bateau. Je prends ma douche sur le pont. Je me sens propre et en pleine forme. Le couché de soleil est grandiose. J’écoute un CD sympa, je m’offre une bière et profite de cet instant de sérénité. Je demande à Belacarta si sa journée a été bonne. Pas de réponse. Il me répondra plus tard, sans doute. J’imagine que lui aussi se laisse aller à rêver puisque tout est parfait à cet instant.
Il est 23h, je ne sais plus ou je suis. Je suis réveillé par un concert de musique. Un de ces festivals d’été en bord de mer qui donne l’occasion aux groupes amateurs de monter sur scène. La lumière du ponton éclaire un peu l’intérieur de Belacarta. Peu importe, demain matin il faudra se lever pour naviguer, alors pour l’instant, l’important, c’est de se rendormir au plus vite en oubliant la chanteuse qui s’acharne sur le même slow italien depuis 20 minutes. Ca doit être le morceau préféré du groupe.
Il est 3h dans la nuit. Les yeux fermés je rampe et j’ouvre la glacière pour prendre des barres de chocolat Kinder. 2, non 3. C’est frais, c’est bon. J’avais besoin de sucre. Je passe la tête par le hublot et ouvre les yeux doucement. RIEN ! Qu’est-ce que je fous en pleine mer ??? Ah oui, ce soir je suis au mouillage. Le vent a tourné et je suis maintenant face au large. Je me retourne, tout va bien, les voisins anglais à 100 mètres sont toujours la, et le village aussi. A priori on ne bouge pas, on tourne seulement. Je peux me rendormir en paix, en rêvant que comme la terre autour du soleil, cette nuit c’est le monde qui tourne autour de Belacarta.







La lagune de Venus:
















