mardi 24 juillet 2007

Dolce vita

Quelques instants de vie à bord, ici ou la… :

Il est 6h à San Nicola l’Arena. Un rayon de soleil passe à travers le hublot et me réveille. Je regarde rapidement le thermomètre : il fait déjà 28°. Je profite des derniers instants avant la chaleur pour prolonger un peu la nuit…

Il est 9h à au mouillage devant Cefallu. Le bateau est immobile. Il n’y pas de vent, la mer est un lac, turquoise. L’eau est totalement transparente et les bateaux semblent flotter dans l’espace. Il fait chaud mais je retourne au lit ; la grasse matinée commence…

Il est midi, en mer. Une gorgée de bière fraîche, une cigarette, un peu de crème solaire. Le pilote automatique gère le cap. Le moteur ronronne, c’est la pétole totale. Je sens le soleil qui cogne. Il n’y a rien à faire, à part rester à l’ombre.

Il est 16h au large du cap Zeffalo. Il est l’heure de faire le point. La brise de mer s’est levée, et Belacarta avance tranquillement, vent de travers. Quelques biscuits au chocolat, un verre de coca frais. L’arrivée est prévue dans 2 heures. Une petite cigarette pour fêter cet événement. Aux jumelles j’aperçois les mats dans le port. Y aura t-il de l’eau et de l’électricité sur le ponton ce soir ?

Il est 18h au pied du château Florio. Au bout du ponton, la pizzeria se prépare. Le four à bois commence à fumer. Je peux aller prendre ma douche, je sais qu’en sortant, le ponton sera dans l’ombre du château, et l’air sera plus frais. La vie reprend après des heures de cagnards. Les volets s’ouvrent à nouveau, les scooters sortent dans les rues, les shorts et les t-shirts se transforment petit à petit en belles chemises et en pantalon, pour être élégant ; une belle soirée d’été commence.

Il est 20h, au mouillage devant Cefalu. Le vent est chaud, c’est une caresse. Il amène jusqu’ici les odeurs de pizzeria et de trattoria. J’ai plongé pour débloquer le speedo sous le bateau. Je prends ma douche sur le pont. Je me sens propre et en pleine forme. Le couché de soleil est grandiose. J’écoute un CD sympa, je m’offre une bière et profite de cet instant de sérénité. Je demande à Belacarta si sa journée a été bonne. Pas de réponse. Il me répondra plus tard, sans doute. J’imagine que lui aussi se laisse aller à rêver puisque tout est parfait à cet instant.

Il est 23h, je ne sais plus ou je suis. Je suis réveillé par un concert de musique. Un de ces festivals d’été en bord de mer qui donne l’occasion aux groupes amateurs de monter sur scène. La lumière du ponton éclaire un peu l’intérieur de Belacarta. Peu importe, demain matin il faudra se lever pour naviguer, alors pour l’instant, l’important, c’est de se rendormir au plus vite en oubliant la chanteuse qui s’acharne sur le même slow italien depuis 20 minutes. Ca doit être le morceau préféré du groupe.

Il est 3h dans la nuit. Les yeux fermés je rampe et j’ouvre la glacière pour prendre des barres de chocolat Kinder. 2, non 3. C’est frais, c’est bon. J’avais besoin de sucre. Je passe la tête par le hublot et ouvre les yeux doucement. RIEN ! Qu’est-ce que je fous en pleine mer ??? Ah oui, ce soir je suis au mouillage. Le vent a tourné et je suis maintenant face au large. Je me retourne, tout va bien, les voisins anglais à 100 mètres sont toujours la, et le village aussi. A priori on ne bouge pas, on tourne seulement. Je peux me rendormir en paix, en rêvant que comme la terre autour du soleil, cette nuit c’est le monde qui tourne autour de Belacarta.



jeudi 19 juillet 2007

Tutti bene !

Marianne et Vincent nous ont rejoint à Pantelleria le 7 juillet. Avec Manon et moi, nous étions 4 pour la traversée vers la sicile. La fenêtre météo n’est pas large avec toujours des coup de vent de nord ouest, mais nous partons le 9 avec en perspective une météo clémente.

Peu de vent le premier jour, mais la rencontre de dauphins – dont un bébé – et d’une tortue fait vite oublier le bam-bam-bam du moteur. Vent capricieux dans la nuit, un cargo qui nous évite, les filles qui papotent pendent leur quart, et finalement le soleil se lève sur les îles Egades. Vincent lutte à la barre contre un bon courant, et finalement nous virons la pointe nord-ouest de la Sicile en début de matinée. Le vent monte subitement mais nous finirons au moteur dans une mer agitée pour ne pas avoir à tirer des bords, l’équipage étant bien fatigué.

Arrivée à San Vito Lo Capo, petite station balnéaire avec ses touristes exclusivement Italiens.
L’eau est translucide, « enchanteresse » comme décrit dans le guide.

Manon repart le 12 vers Paris, et nous repartons à 3 vers Castellamare, après une halte baignade au mouillage devant une ancienne Thonnerie, à Scopello : l’eau est chaude, la cadre est superbe.
Castellamare est le petit village dont on rêvait, avec ses vieilles maisons et son petit port de pêcheur. Nous passerons la nuit au fond du port de plaisance, roulés par la houle car le port est grand ouvert sur le large.

Le lendemain départ vers Terrasini après les courses. Une journée à tirer des bords au carré, bien gîté. Nous décidons à 18h de continuer vers Femine, pour une arrivée de nuit.
Arrivée intéressante car les feux du port ne fonctionne plus… Il reste une place dans le port, elle sera pour nous, et oh miracle, enfin une douche dans la petite cabane du club nautique !

Le périple s’achève sur une dernière navigation jusqu’à Palerme, avec une belle escale dans la journée sur la plage de Mondello. L’eau turquoise invite à la baignade…
Arrivée le soir dans le port d’Aranella, à 4 km de Palerme, où nous trouverons non sans mal une place sur un ponton privé. L’accueil est chaleureux, et surprenant : on nous offre des pizzas siciliennes pour nous souhaiter la bienvenue avant de nous dire que l’escale sera gratuite !! Eau, électricité, douche, le luxe avec en prime une jolie vue sur la villa Florio dont les propriétaires m’inviteront plus tard à partager leur table.

Visite de Palerme, et malgré nos difficultés pour attraper le bus, nous rentrerons à temps pour une bonne pizza sur le port. Marianne et Vincent sont repartis le 17, et Belacarta est bien vide… Il me faut reprendre le rythme des marins solitaires. C’est d’autant moins facile que l’équipage de ces derniers jours était vraiment super…

Isola del Femine :

Marianne et Vincent au soleil couchant :Castellamare :
Les eaux turquoise de Mondello :
Dans la chaleur de Palerme :

La villa Florio et le ponton ou Belacarta se repose :Le soir, la pizzeria au bout du ponton :

jeudi 5 juillet 2007

Du Paradis à l’Enfer

Mardi 3 juillet au matin, nous quittons « Porto Nuevo » à Pantelleria pour « Porto Vecchio » à Pantellaria. Une belle navigation de 5 minutes pour quitter la zone militaire / chantier / dépôt des barques de clandestins pour le vieux port, à l’ombre des palmiers.
La dolce vita, enfin…
Location d’une voiture et visite de l’île. Les paysages sont charmants, une roche volcanique noir, des fleurs, une végétation très verte.
Bien qu’il n’y ait plus d’activité volcanique, l’île est riche en sources chaudes et autres curiosités naturelles. Nous nous organisons une journée thalassothérapie sauvage : le matin, sauna naturel dans une grotte à 45° avec de la vapeur d’eau. C’est trop bon !! Le cadre est superbe, très sauvage. Ensuite un excellent resto pour reprendre des forces, puis départ vers le lagon de Venus ou nous profitons des bains à 30° et 40° avant de prendre un bain de boue.
Une bonne terrasse face à la mer pour conclure cette journée de rêve dont on rêvait depuis longtemps.
Retour au bateau pour un repas à bord. Il fait doux, on est bien, ça ressemble au paradis….
Minuit. Le vent se lève. Nous préparons le bateau pour anticiper une nuit mouvementée.
Tout est prêt pour partir en catastrophe, car nous sommes cul à quai, amarrés sur notre ancre, coincés entre deux énormes catamarans. On le sent « moyen »…
Minuit trente, premiers acoûts. Le catamaran à tribord dérape un peu sur son ancre, et nous envoie contre le quai. Réglage des amarres avec le voisin, un français. J’attends deux heures pour aller dormir.
Trois heures. C’est parti. L’ancre du catamaran à tribord a chassé. Il nous écrase contre le quai et le catamaran à bâbord. Nous sommes sur le pont, habillés en 10 secondes, pour protéger le tableau arrière de Belacarta par tous les moyens. Le catamaran essaye de partir au moteur, part en travers, défonce le catamaran à bâbord. Belacarta est écrasé, il souffre et nous aussi. Le tableau arrière frotte contre le quai pendant que le cata à tribord détruit son flotteur arrière et que le cata à bâbord explose littéralement ses par battages. L’ambiance est électrique. Tout craque, gémis, grince. Le vent couvre les cris des capitaines à bout de nerfs. Il y a de la casse, et on ne voit pas comment sortir de cette situation. Chaque tentative se solde par le craquement d’une coque qui frotte ou s’arrache.
Je vois un instant Belacarta éventré par le cata qui revient à la charge. C’était juste ce coup ci. Mais dans trente secondes, ça va recommencer… La voisine manque de tomber à l’eau, entre sa coque et le quai, quelques secondes avant que son bateau ne s’écrase contre le quai. On est tétanisés en y repensant. Une jeune fille se casse l’orteil et s’arrache l’ongle. C’est l’enfer.
Quatre heures. Belacarta est sauvé, et miraculeusement, les dégâts sont minimes. Le catamaran fou est stabilisé, mais c’est nous maintenant qui tapons contre le cata à bâbord. Cigarette, 15 minutes de réflexions. Nous décidons de partir dans Porto Nuevo. La manœuvre n’est pas simple, mais bien préparée, ca passe. On retrouve le ponton du premier soir. Le soleil se lève, difficile de dormir avec tout ce stress. Le vent monte encore, mais nous sommes maintenant hors de tout danger. A l’intérieur, débriefing, et doucement, le sommeil commence à réparer les dégâts dus à la tension, aux efforts et à la concentration.
En fin de matinée, nouveau changement de place pour les deux prochains jours. On est bien maintenant. J’ai eu peur pour Belacarta.

Belacarta à Pantelleria (Porto Vechio) :


La nouvelle douche privée improvisée sur le pont (on fait l'animation sur le quai) :

Les paysages de Pantelleria :

La lagune de Venus:
Activité locale : discuter à l'ombre...


Repos après une nuit en enfer :

Ambiance

Départ de Sidi Bou Said vers Sidi Daoud, un petit port de pêche. Mon guide indique qu’il est possible d’y faire escale.
Traversée du golfe de Tunis au prés, toujours une mer hachée et fatigante.
L’entrée dans le port s’accompagne d’une odeur de poisson pourri un peu trash. L’eau devient un peu marron avant de devenir vraiment dégueulasse. Accostage sur un ponton de pêcheur, « la ou il y a de la place » comme écrit dans le guide. Et là, l’odeur devient limite insoutenable. Manon reste à l’intérieur où il fait 35°. Mais à choisir, entre un sauna ou une poubelle…
Le policier du port nous demande de changer de place. Amarrés juste devant la bâtiment de la garde nationale, nous commençons les démarches administratives. Nous sommes les bienvenus et nous pouvons rester plusieurs jours si nous voulons, bien sûr. Il faudra attendre 4 heures pour que nos papiers nous soient rendus. Pas d’eau, pas d’électricité, mais des dizaines de mouche qui squattent Belacarta.
A 23h, il faut qu’on change de place. « Vite, vite, allez, partez, allez vite ». Des bateaux de la police des frontières ramènent des clandestins qui voulaient passer en Italie. L’ambiance est vraiment glauque ce soir. Ca pue et c’est triste.
Le lendemain nous comprenons d’où vient l’odeur : les pêcheurs jettent dans le port les poissons morts dans leur filet. L’eau est donc devenue du Nyoc Man !
Nous quittons Port Nyoc Man vers Kelibia dans la matinée. Encore une mer fatigante, et des bords au carré pendant 12 heures. Les 30 milles se transforment en 50 milles, arrivée de nuit, dans un port un peu bordelique. Amarrage à couple d’anglais bien sympas, et… visite de la police à bord. Nous sommes « les bienvenus » bien sûr, mais la situation leur semble un peu compliquée. Réveil le lendemain à 8h pour faire les formalités de départ. A 10h enfin la douane et la police reviennent à bord et nous donnent l’autorisation de quitter la Tunisie.
Cap à l’est pour Pantelleria, l’Italie, l’Europe…

Ambiance à bord :



Ambiance au port ( Sidi Daoud) :


Ambiance au large du Cap Bon :


Ambiance du soir :
Ambiance d'arrivée (au loin Pantelleria) :





Bienvenue

« Bienvenue mon ami ! ». L’accueil à Sidi Bou Said est chaleureux. Enfin du calme, enfin cette bière fraîche qui célèbre chacune de mes arrivées, le visage encore brûlant. Manon a assuré pour cette traversée épuisante réalisée à 5,5 nœuds de moyenne. On est contents on est arrivés. Notre pavillon « Q » - fabriqué à la dernière minute avec un morceau de serpillière jaune - signale aux autorités que nous rentrons en Tunisie. Cela nous laisse quelques instants de libres pour souffler, mais bientôt il nous faut partir pour faire les formalités administratives.
« Bienvenue en Tunisie ! » Le policier est sympa, jusqu’au moment ou il rappelle à Manon qu’avec une carte d’identité elle n’a pas le droit de rentrer en Tunisie, elle devra rester à bord.
Dans un aéroport, avec un billet d’avion aller-retour pas de problème, mais en arrivant par la mer, il faut un passeport. Une dérogation est possible. Nous attendrons 2 jours la réponse qui finalement sera négative. 2 jours pendant lesquels le policier qui nous a accueillis accepte gentiment de nous laisser sortir pour visiter Sidi Bou Said, mais uniquement entre 14h et 22h.
L’ambiance ne s’arrange pas quand Manon refuse les avances du gentil policier, et le lendemain, on se fait réveiller par la police qui vient nous redemander de tout expliquer encore une fois pour finalement nous redire que Manon ne doit pas quitter le bateau. Mais on est toujours les bienvenus, et on peut rester au port autant qu’on veut…

Les occupations à bord : lecture et lessive...

Sidi Bou Said :




De l’autre coté…

Pour aller de l’autre coté de la méditerranée, nous étions deux : ma sœur Manon et moi.
La météo nous invite à partir le lundi 25 juin avant un bon coup de vent de Nord Ouest. Les prévisions sont bonnes jusqu’au lendemain au soir.
Départ vers 11h. Une heure de petit temps, et puis je vois comme une barre blanche qui nous arrive dessus. Le temps de prendre un ris à la grande voile et de réduire un peu de le genois, et en quelques minutes, la fête commence. Mer hachée, peu agitée, puis agitée. Les estomacs sont encore bien sollicités. Mercalm pour tout le monde. A 15h, nous sommes déjà épuisés. Le soleil brûle, le vent saoule, et la mer fatigue.
La soirée et la nuit ne seront pas plus faciles. Il faudra attendre le levé du soleil pour commencer à prendre un peu de plaisir.
La moyenne de vitesse dépassant nos prévisions, nous décidons d’aller directement à Sidi Bou Said. J’ai envie de pouvoir me reposer quelques jours sans naviguer, envie de sieste à l’ombre et j’en ai marre de cette mer qui nous chahute. Tant pis pour Bizerte, ce sera pour une prochaine fois, on avance au maximum pour se reposer ensuite. 10,3 nœuds au surf dans un creux, je reprends le record de vitesse sur Belacarta. Le vent fraîchit encore, mais c’est du Nord Ouest, et je me dis que le prochain cap devrait nous protéger un peu. Effectivement, le vent mollit un peu. 5 minutes de répit avant une bonne claque. La mer est écrasée par le vent - au moins ça bouge pas trop – et ça souffle fort. Ca me rappelle le force 8 dans le golfe de lion. On affale tout, on rentre le bimini, et j’envisage un instant de sortir de tourmentin. Mais je visualise les 5 m2 de toiles, et je me dis que non, c’est trop, 2 m2 de genois pour partir en fuite serait plus malin. Et plus simple aussi… Et nous voilà repartis à plus de 6 nœuds avec un string en guise de voile. Manon va se reposer à l’intérieur. Je ne supporte plus le soleil : veste de quart pour me protéger, la tête enfoncée dans le col, et gants pour protéger mes mains brûlées. Je suis épuisé, il fait 30° et je suis habillé pour traverser la manche en hiver. Déjà, la Tunisie me fatigue…

Manon, la super équipière :

Nouveau record de vitesse 10.3 noeuds (pas peu fier !!!) :


La grande traversée

Minorque – Sardaigne, c’était la grande traversée. Nous étions 4 pour cette navigation de 250 milles nautiques. Un début éprouvant pour les estomacs avec une houle croisée vraiment pénible. Tous les hommes à bord ont du ravaler leur fierté et prendre un mercalm, histoire de pouvoir reprendre des forces pendant la première nuit. Du bon vent qui est tombé un peu le deuxième jour, l’occasion de faire une courte pause pour se baigner avec 2700 mètres d’eau en dessous ! Deuxième nuit plus calme, et le deuxième jour a été vraiment tranquille jusqu’aux derniers milles : au passage d’un cap, le vent a fraîchi subitement, et en quelques minutes on s’est retrouvés d’un vent arrière tranquille à un près serré avec 2 ris dans la grand voile…
Arrivée à Teulada, petit port au milieu de nulle part, au sud de la Sardaigne. On se demande pourquoi il y a un port, car à part le camping à côté, c’est totalement sauvage.
Ma sœur Manon nous a rejoint le soir même, et les retrouvailles ont été fêtées dans la pizzeria du camping. On ne le sait pas encore car la nuit est tombée, mais on le découvrira le lendemain : la baie est magnifique - plage de sable blanc et eau christaline - les odeurs envoûtantes, le paysage de l’arrière pays superbe. Tout ici chante : le responsable du port, qui fait de chaque petit événement une fête où tout le monde rigole, les enfants qui jouent sur les pontons pendant que les parents font la sieste, les cigales le soir qui rappellent qu’il est bientôt l’heure de goûter au parmesan, au basilic, aux tomates rouges de soleil…
Teulada nous a séduits. Mais il faut se rapprocher de Cagliari pour Gaétan, Juan et Mathilde qui repartent bientôt en France.

Juan, Mathilde et Gaetan :
La baie de Teulada (au fond à gauche la plage) :
Couché de soleil sur la cote Sarde :